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Sondage de la CPQ

La Corporation des Paramédics du Québec mène actuellement un sondage démographique des paramédics et des étudiants en soins préhospitaliers d’urgence à travers le Québec. Ces données nous appuieront dans nos démarches vers la professionnalisation.

Selon votre situation actuelle, vous aurez le choix de répondre entre 35 et 70 questions qui porteront sur des données démographiques, des caractéristiques de la profession ainsi que sur votre satisfaction reliée à l’exercice de vos fonctions. Ce sondage dure approximativement 15 minutes.

http://sondage.paramedic.quebec

Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à l’égard de ce sondage.

C’est quoi, un paramédic?

Paramédic, un mot très peu connu encore par la population. Pourtant, vous les croisez probablement chaque jour dans leur gros camion jaune à essayer de se faufiler entre les voitures dans le trafic avec les sirènes et gyrophares en fonction ou encore en attente d’un appel à une intersection stratégique.

Paramédic? Ambulancier?

Paramédic, c’est le nouveau mot pour « ambulancier » tel qu’« infirmière » l’est pour « garde malade » ou « adjointe administrative » l’est pour « secrétaire ». Nous sommes des intervenants de la santé ayant des connaissances dans de différents domaines : pharmacologie, traumatologie, psychologie, sociologie, physiologie, pathologie, cardiologie, pneumologie, immunologie, neurologie, biologie et bien plus! Les nouveaux paramédics ont maintenant une formation au CÉGEP de 2745 heures. C’est sans compter d’autres formations que plusieurs vont suivre pour améliorer leurs compétences. Depuis plusieurs mois, il existe une formation universitaire à Montréal pour devenir paramédic de soins avancés. Malheureusement, c’est seulement dans la métropole que cette catégorie de paramédic peut exercer leur champ de pratique au combien nécessaire pour la population.

Professionnalisation

Les paramédics ne sont pas théoriquement des professionnels de la santé. Effectivement, n’ayant encore aucun ordre professionnel, les relations interprofessionnelles ne sont qu’officieuses ainsi que la reconnaissance de notre profession. Le Collège des médecins a un grand droit de regard sur nos actes médicaux. Heureusement, plusieurs personnes travaillent fort à l’évolution de notre métier et défendent les intérêts du système préhospitalier dans le grand système de la santé québécois. Les paramédics relèvent seulement du Ministère de la Santé et des services sociaux. La population croit à tort que nous faisons également partie du Ministère de la Sécurité publique comme nos confrères policiers ou pompiers. Or, nous ne sommes aucunement un service municipal. C’est pour cette raison que nos compétences ont très peu été exploité lors des dernières inondations à travers le Québec quoique je crois que nous aurions eu un rôle important à jouer au niveau de la santé publique.

Compétences

Si nous comparons les paramédics du Québec aux autres provinces canadiennes, il existe quand même un très grand écart. Ailleurs, il existe trois niveaux de soins : primaires, avancés et critiques. De plus, il existe plusieurs équipes spécialisées de paramédics : tactique, nautique, CBRNE, à réponse rapide, recherche et sauvetage, bariatrique, de transfert, héliporté, etc. Très peu d’entreprises québécoises ont ces équipes pour venir en aide à la population en raison du manque de budget. Certains paramédics canadiens sont même au triage des centres hospitaliers pour accélérer la prise en charge des patients. C’est dommage de ne pas pouvoir compter sur ces autres disciplines qui permettraient aux plus anciens paramédics de terminer sur une bonne note leur carrière et aussi permettre aux plus jeunes d’avoir des quarts de travail. Il existe très peu d’avancement au Québec ou de débouché pour nos paramédics qui se blessent également. Une réorientation de carrière s’impose la plupart du temps lorsqu’il n’est plus possible de continuer ce métier.

Horaires de travail

Les paramédics peuvent travailler sur des quarts de 8h, 10h, 12h et même 24h. En fait, c’est même 168h. Dans plusieurs municipalités québécoises, les paramédics doivent travailler 7 jours complets et ce 24h/24h de garde. Un type d’horaire d’abord instauré temporairement dans les années 80, mais qui s’est finalement poursuivi. Inutile de vous dire que la conciliation travail-famille est très difficile.

Situation actuelle

Nous sommes environ 5000 à pratiquer ce merveilleux métier. 5000 passionnés et dévoués pour la population qui tentent de faire du mieux qu’ils peuvent selon les limites qu’on leur impose. Nous sommes surexposés à des cas difficiles et pourtant il est encore compliqué en 2017 de reconnaître le stress post-traumatique chez les intervenants d’urgence au niveau des programmes de santé et sécurité gouvernementaux. Encore aujourd’hui, les paramédics sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail, mais surtout soulever des questionnements quant au système préhospitalier québécois. Plusieurs syndicats se mobilisent pour dénoncer le manque de ressource ambulancière à travers la province. Même des employeurs soulèvent leurs inquiétudes quant à l’avenir du préhospitalier. Des compressions budgétaires importantes, des négociations qui ne voient pas le bout du tunnel… Bref, beaucoup sont inquiets! Les problématiques du préhospitalier passent très peu aux médias et sont souvent ensevelies par d’autres conflits ministériels dans d’autres secteurs dont celle d’actualité en ce moment dans le domaine de la construction. Bien souvent lorsqu’on parle des services préhospitaliers, nous entendons des critiques sur les délais de réponse des ambulances sans pousser la réflexion plus loin. C’est souvent les paramédics qui sont blâmés d’avoir pris leur temps… Malgré des heures supplémentaires à répétition, des périodes de pause repas presque jamais à l’heure, une vie sociale mise de côté et une conciliation de travail-famille très complexe, nous savons que nous faisons le plus beau métier du monde et avec passion.

Valorisation

Cette semaine, c’est la semaine des paramédics. C’est le moment de souligner le travail acharné de ces gens. Même s’ils auront côtoyé la mort le matin, ils vont vous sourire l’après-midi quand vous les appellerez, car vous en aurez besoin et que vous êtes leur priorité.

Bonne semaine des services préhospitaliers d’urgence à tous les paramédics!

 

Francis Brisebois

Paramédic et Chargé des communications à la CPO

Administrateur CPQ

Réaction à l’annonce d’un nouveau service offert par le service d’incendie de la ville de Saint-Lazare

BROSSARD, le 26 mai 2017 — Le 18 mai dernier, la ville de Saint-Lazare annonçait la mise en service d’une unité de soutien technique (UST). Offert par le service d’incendie, l’UST permettra de mobiliser de façon sécuritaire et dans la dignité la clientèle préhospitalière bariatrique de 160 kg (360 lb) et plus, tout en étant en mesure de stabiliser des structures afin de sécuriser les usagers et les intervenants.

L’envers de la médaille

Nous sommes heureux que la ville de Saint-Lazare mette sur pied une telle initiative. Néanmoins, nous sommes convaincus que pour assurer le bien-être des patients, ce service devrait être fourni par des techniciens ambulanciers paramédics.

Du côté de Montréal et de Laval, ce service est offert par des paramédics spécialisés d’Urgences-santé, ce qui permet les avantages suivants :

  • Soins d’urgence: la formation de base d’un paramédic est composée de 2745 heures et permet de prévenir une détérioration de la condition clinique d’un usager jusqu’à sa prise en charge par un centre hospitalier. Ils peuvent donc conjointement participer à réduire la morbidité et la mortalité par différents actes.
  • Assurance-qualité : les paramédics sont soumis à un programme de surveillance de leurs activités cliniques. La grande majorité des gestes posés font l’objet de révision et de contrôle, ce qui assure un haut taux de conformité.
  • Sécurité des usagers et des intervenants : certaines techniques de travail sont spécifiques aux paramédics dans le déplacement des bénéficiaires. Ils ont également l’habitude de travailler conjointement et possèdent les mêmes équipements qu’une ambulance. Ce qui évite un risque d’incidents ou de blessures.

L’importance d’un ordre professionnel

Pour le moment, certains services d’incendie offrent ce service puisqu’ils ont les effectifs. Toutefois, la situation n’est pas optimale et cette spécialisation devrait être réservée aux services préhospitaliers d’urgence.

C’est pourquoi nous jugeons essentiel d’encadrer l’exercice de la profession de paramédic puisque le Règlement sur les activités professionnelles pouvant être exercées dans le cadre des services et soins préhospitaliers d’urgence ne prévoit pas ce genre de spécialisation.

Une réglementation couvrant toute spécialisation paramédicale pourrait être prévue dans le cadre de l’autorégulation des paramédics au Québec. Ainsi, le volet assurance et amélioration continue de la qualité de ces spécialisations demeurerait éventuellement dans l’expertise des services préhospitaliers d’urgence.

À propos de la Corporation des Paramédics du Québec

Fondée en 2015, la Corporation des Paramédics du Québec (CPQ) veut assurer la protection du public. À cet effet, la Corporation désire encadrer l’exercice de la profession, soutenir le développement des compétences des paramédics et favoriser la qualité des soins. Elle valorise également la profession de paramédic dans l’intérêt du public.

 

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Renseignements :
Monsieur Patrick Dufresne
Président du conseil d’administration
438 238-3011, poste 1
communications@paramedic.quebec

Communiqué de presse – Réaction à l’annonce d’un nouveau service offert par le service d’incendie de la ville de Saint-Lazare

La professionnalisation des paramédics améliore leurs compétences

La professionnalisation des paramédics peut être définie comme la profession qui se règlemente, s’organise et se contrôle elle-même – sans les interventions d’autres professions ou agences – dans l’intérêt de fournir au patient des soins sûrs, compétents et compatissants. La délégation professionnelle par un ministère provincial est un privilège qui permet à un ordre professionnel des paramédics de devenir l’autorité réglementaire au nom du gouvernement. Cette délégation appuie l’ordre professionnel et, par conséquent, les paramédics eux-mêmes, à rendre compte de l’élaboration, de l’interprétation, de la mise en œuvre, de la conformité et de l’évaluation continue des éléments clés qui permettent leur propre pratique dans la juridiction réglementée: le code de déontologie et le champ d’exercice.

Le cadre professionnel diffère des autres modèles de réglementation où la pratique est définie par d’autres qui ne font pas nécessairement partie de la profession paramédicale et où les fonctions de réglementation, lorsqu’elles sont établies, sont normalement remplies par un employeur ou non prises en charge dans certains cas. Dans ces modèles, la définition du champ d’exercice des paramédics se fait à travers des protocoles ou des lignes directrices. Dans les juridictions paramédicales non professionnalisées, il existe des liens nettement réduits ou inexistants entre le champ et les standards d’exercice ainsi que la formation des paramédics. Les liens entre la formation, le champ et les standards d’exercice des paramédics dans les juridictions non professionnalisées sont, par défaut, déterminés étroitement par les enseignants. Ceux-ci sont donc chargés d’enseigner et d’évaluer l’élève en fonction des besoins de la pratique (et encore une fois, par défaut, le programme d’éducation) sur le terrain.

La professionnalisation des paramédics vise à renforcer les liens entre les besoins de la pratique tels que définis dans le champ d’exercice, les standards d’exercice et le code de déontologie dans l’intérêt de la protection du public. La professionnalisation vise à protéger davantage le public grâce à des fonctions d’établissement de standards, d’approbation de programmes de formation, de protection du titre, de formation continue dirigée par la profession et d’assurance de la qualité via des processus d’examen de plaintes et d’inspections professionnelles.

Approbation du programme de formation

L’une des principales fonctions de la professionnalisation est l’approbation des programmes de formation des paramédics. La professionnalisation place la profession paramédicale dans une position centrée sur la responsabilisation d’un programme de formation hors pair.

Le processus d’approbation du programme permet le développement, la mise en œuvre et l’évaluation des standards d’éducation qui répondent aux besoins de la pratique contemporaine. Dans cette fonction, l’ordre professionnel des paramédics est responsable de veiller à ce que le programme d’éducation soit conçu et livré de telle manière que le paramédic est prêt à la pratique et en mesure de maintenir en permanence leur propre compétence dans la pratique. Dans un système professionnel des paramédics, ce sont les paramédics qui déterminent le champ et les standards d’exercice et les paramédics qui interprètent la capacité du programme d’éducation, par les fonctions d’approbation du programme, à satisfaire aux exigences de la profession. Non seulement le lien entre les standards et le programme d’études est-il compris dans l’approbation du programme, mais les exigences en matière de qualifications des formateurs, d’enseignants et de stages cliniques sont également déterminées par la profession.

Les ordres professionnels de paramédics sont directement responsables de veiller à l’éducation des paramédics qui permet l’exercice sécuritaire et compétent de la profession. Les ordres sont alors chargés d’approuver seulement les programmes qui sont en mesure de fournir une éducation qui développe un étudiant diplômé compétent: qui sera en mesure d’applique le champ d’exercice, les standards et le code de déontologie.

Exercice et éducation

Un lien direct entre les standards d’exercice et les programmes d’éducation est unique au système professionnel. Les décideurs de la profession sont des paramédics issus de l’éducation, de la recherche et de l’exercice clinique: ils ont une connaissance directe du contexte de la pratique paramédicale professionnelle et de la complexité de la prestation de soins dans le domaine de la paramédecine. L’approbation du programme professionnelle offre la capacité exclusive de mieux comprendre ce qui est nécessaire pour (et par) les paramédics. C’est un aspect fondamental de la professionnalisation des paramédics et l’un des plus importants pour la profession et, ultimement, le patient.

Programme de formation

L’objectif du programme de formation est de fournir au diplômé la possibilité d’entrer dans tout environnement d’exercice et de fournir des soins sécuritaires et compétents pour le patient, de lui permettre de diriger le patient vers l’équipe de soins de santé et collaborer. Il permet également aux paramédics d’apprendre de leurs propres expériences (et de celles de leurs pairs) et leur donne la possibilité de modifier ou d’adapter leur pratique au fur et à mesure que de nouvelles expériences et des évidences apparaissent. En ce sens, le programme de formation est à la fois une expérience éducative prévue ou planifiée en plus d’une expérience éducative non planifiée et inconnue – qui sont révisées et évaluées par des paramédics dans un système professionnel.

La plupart des programmes en soins préhospitaliers d’urgence dépendent d’un enseignant qui fournit un encadrement clinique supplémentaire grâce à des stages. Dans le cadre d’un système professionnel, tous les enseignants doivent être réglementés, ce qui signifie qu’ils ont atteint (et continuent de maintenir) les exigences pour l’exercice paramédical et ont les qualifications définies dans les normes d’enseignement établies par l’ordre professionnel. Cela se traduit par des directives plus strictes que l’enseignant doit rencontrer. Les qualifications initiales et les compétences permanentes des enseignants sont surveillées dans le cadre du renouvellement annuel de l’inscription: l’employeur, l’établissement d’enseignement et l’ordre professionnel doivent travailler ensemble pour assurer la compétence et les qualifications de l’enseignant.

Après la formation: l’évaluation

La professionnalisation protège le titre de paramédic. Afin d’avoir accès à l’utilisation de ce titre autorisé, l’ordre professionnel doit évaluer les diplômés des programmes d’enseignement approuvés. Les examens de licence permettent à la profession de déterminer qui peut entrer dans la profession en évaluant la capacité individuelle de fournir des soins sûrs et compétents. Le cadre règlementaire autorisé par la professionnalisation insiste sur les liens directs entre l’obtention du diplôme d’un programme d’éducation approuvé afin de devenir admissible à l’examen du droit d’exercer. Alors que les étudiants en soins préhospitaliers d’urgence n’ont pas besoin d’être inscrits dans le cadre de leur programme d’études, l’achèvement du processus d’obtention d’un permis et d’enregistrement est nécessaire lorsque vous cherchez à utiliser le titre réglementé de paramédic. Seuls les diplômés qui ont satisfait à tous les critères d’inscription de l’ordre – ce qui inclut avoir suivi un programme d’éducation approuvé et avoir obtenu l’accès à l’examen d’entrée – sont admissibles à utiliser ce titre.

La professionnalisation et le développement continu des compétences

L’approbation des programmes d’éducation comprend l’examen des aspects fondamentaux du développement continu des compétences des étudiants. Pour reconnaître que les changements de pratique et les compétences peuvent se détériorer au fil du temps, les ordres professionnels mettent en œuvre un programme pour la progression de l’apprentissage par la pratique. Dans le cadre de ce programme, les praticiens doivent satisfaire aux exigences minimales en matière de formation continue annuelle ou semestrielle conformément à la politique établie par l’organisme de réglementation paramédical.

Dans le cadre de la réglementation professionnelle des paramédics, les attentes se déplacent vers la compétence continue tout au long d’une carrière, peu importe quand a été approuvée l’entrée à la pratique a été accomplie. Cette attente se traduit par la responsabilité des paramédics de reconnaître quand certains aspects de leur pratique (comme la gestion des voies aériennes ou la pharmacologie) nécessitent plus d’attention pour assurer la compétence. Les paramédics réglementés dans ce cadre sont responsables devant leur ordre des paramédics ainsi qu’avec leurs employeurs, leurs collègues et le public de s’assurer que leur pratique respecte toujours les normes de soins sécuritaires et compétentes établies par l’ordre. Lorsque ces paramètres ne sont pas satisfaits, c’est le rôle de l’ordre d’entreprendre des mesures disciplinaires.

Conclusion

Les paramédics sont prêts à pratiquer dans un modèle de pratique professionnel soutenu par la professionnalisation. Les paramédics sont en mesure d’apporter leur expertise et leur compréhension de la pratique clinique, de la recherche et des normes d’éducation afin d’assurer une pratique sûre et compétente. Les liens étroits entre l’approbation de l’éducation, l’obtention d’un permis et le maintien permanent des compétences et du perfectionnement professionnel sont essentiels à la sécurité et à la compétence des soins donnés aux patients.

Traduction libre tirée de Canadian Paramedicine, sous autorisation.

À propos de l’auteur

Becky Donelon, ACP, EdD
Registraire adjoint, Collège des Paramédics de l’Alberta

Becky a travaillé comme paramédics en soins critiques dans le sud de l’Alberta à la fois sur l’ambulance terrestre et aérienne depuis 1981. Elle a débuté sa carrière dans les régions rurales de l’Alberta comme paramédic et pompière volontaire. Travaillant la majeure partie de sa carrière dans le centre-ville de Calgary sur l’ambulance aérienne et terrestre, en passant par superviseur de terrain puis au bureau de développement du personnel dans le département d’apprentissage et de développement. L’intérêt et l’éducation de Becky, en plus de la paramédicine, s’est concentré sur l’éducation des adultes et a obtenu son doctorat en éducation avec une spécialisation en leadership éducatif plus récemment de l’Université de Calgary. Ses intérêts de recherche éducative se concentrent sur l’apprentissage d’entrée à la pratique en paramédecine et comment cela implique et forme la profession des paramédics dans leur carrière.

Le rôle actuel de Dre Donelon auprès du Collège des Paramédics de l’Alberta est de registraire adjoint. Son rôle comprend la réglementation des programmes d’éducation, des programmes de formation continue et de l’examen provincial d’obtention d’un permis pour l’exercice. Elle croit fermement au rôle de professionnalisation en tant que caractéristique essentielle d’une profession, ce qui doit encore être accompli au niveau mondial pour notre discipline et quelque chose à laquelle elle s’efforce d’apporter son soutien à l’échelle nationale et internationale. La présentation portera sur les leçons apprises en matière de professionnalisation des paramédics en Alberta et mettra l’accent sur la question du développement de l’identité pour notre profession, car elle se rattache à la professionnalisation.

Bibliographie

Professionnalisation des paramédics

Shakespeare a écrit que « Certains sont nés grands, certains atteignent la grandeur, et certains ont la grandeur imposée à eux ». Individuellement, je sais que chaque paramédic correspond à l’un de ces sous-ensembles, mais je suggère que nous-mêmes comme paramédic avons besoin de créer notre propre grandeur. Un moyen peut-être d’atteindre cette grandeur est par le privilège extraordinaire qu’est l’autorégulation.

Toutes les professions ne devraient pas être autorégulées, et elles ne méritent pas toutes l’autorégulation. Les professions jouissent de ce privilège parce que les organismes de réglementation ont confiance que les professionnels mettront de côté tout égoïsme pour promouvoir l’intérêt public. Historiquement, le terme de profession ne s’appliquait qu’aux professions traditionnelles du droit, de la médecine et de la théologie. Certaines professions demeurent dans l’ombre et insistent sur le fait qu’elles sont des professions parce qu’elles disent vouloir le privilège de l’autoréglementation poussée sur elles tandis que d’autres semblent atteindre le statut comme si c’était leur destinée. Pour tous les autres, la question demeure : que faut-il pour devenir une profession réglementée ?

Qu’est-ce qu’une profession ?

Premièrement, nous devons trouver une définition. Trouver une définition exacte du terme « profession » et comment exprimer la portée et l’ampleur d’une profession donnée a fait l’objet de débats depuis plus d’un siècle. En 1915, Abraham Flexner a préparé le rapport séminal sur l’état de l’éducation médicale au début des années 1900 en Amérique et au Canada. Le « Rapport Flexner » a permis de quantifier le système d’éducation médicale moderne que nous connaissons aujourd’hui. C’est au cours de cette « ère progressive » au début du XXe siècle, caractérisée par un activisme social généralisé et une réforme politique des années 1890 aux années 1920 que de nombreux groupes professionnels ont commencé à revendiquer un statut professionnel en tant qu’experts afin qu’ils puissent exercer leur influence et être capables de contrôler une variété de questions sociales.

En 1998, Patricia Schwirian, qui a publié de nombreux ouvrages sur le professionnalisme en soins infirmiers, distingue une profession à part entière d’une semi-profession et d’un métier dans les termes suivants : «… une profession peut être définie comme un métier prestigieux qui a un degré élevé d’identification parmi les membres, qui requiert une éducation longue et rigoureuse dans un cours intellectuellement exigeant et basé sur la théorie; qui engage dans une rigueur d’autoréglementation et de contrôle; qui détient l’autorité sur les clients; et met le service à la société au-dessus de son simple intérêt personnel ». Au lieu de décrire les soins infirmiers, cela pourrait facilement décrire la paramédecine.

Un simple regard sur nos collègues de l’hémisphère sud, Professions Australie a défini une profession comme suit :

« … un groupe discipliné de personnes qui adhèrent aux normes éthiques et qui se présentent comme tel et sont acceptées par le public comme possédant des connaissances et des compétences particulières dans un corps d’apprentissage largement reconnu issu de la recherche, l’éducation et la formation à un haut et qui sont disposés à appliquer ces connaissances et à exercer ces compétences dans l’intérêt des autres ».

Le degré d’implication d’un gouvernement dans une profession est une des mesures de l’autoréglementation, mais l’autoréglementation sans supervision externe est rare. D’une manière générale, il existe trois principales formes d’autoréglementation. La première forme est l’autorégulation volontaire, où l’élaboration et l’exécution de règles sont accomplies en privé par la profession elle-même, sans aucune participation directe du gouvernement. La deuxième forme prévoit une autoréglementation complète, où la réglementation et l’exécution sont privatisées de manière comparable à l’autorégulation volontaire, sauf que le programme de réglementation est officiellement sanctionné et surveillé par le gouvernement et, si nécessaire, prendra des mesures pour en assurer l’efficacité. La troisième est l’autorégulation partielle obligatoire. Alors que l’autoréglementation totale autorisée privatise à la fois la réglementation et l’application, l’autoréglementation partielle autorisée limite la privatisation à l’une ou l’autre des fonctions réglementaires, mais pas aux deux. Il existe deux approches fondamentales de l’autoréglementation obligatoire : l’application par le public de règles écrites privées et l’application interne par le gouvernement de règles publiquement écrites.

Pour que les paramédics prennent au sérieux le potentiel d’autoréglementation, il s’agit de comprendre les formes et les limites de l’autorégulation réelle. L’autorégulation n’est pas une voie facile. Il y aura toujours un examen minutieux et souvent nos actions seront mises en question et examinées par des personnes qui ne comprennent pas complètement notre profession. De même, il y aura des gens au sein de notre industrie qui perdent de vue le plus grand bien et peuvent choisir l’ambition personnelle plutôt que celle du patient que nous sommes appelés à servir. William E. Brown, ancien directeur général du Registre national des techniciens médicaux d’urgence (NREMT), basé aux États-Unis, a déclaré : « Il s’agit de protéger le public. Si vous ne le faites pas, rien de tout cela n’importe ». Dans tous les modèles d’autoréglementation professionnels, en échange de pouvoirs réglementaires, l’organisme de réglementation devrait agir dans l’intérêt du public, que ce soit explicitement indiqué dans la loi habilitante ou non.

Pour que l’autoréglementation des paramédics réussisse, nous devons nous assurer que le concept de protection du public est primordial et que nous, en tant qu’autorégulateurs, traçons un chemin avec une forte composante morale qui assure les principes auxquels nous adhérons, les pratiques que nous cherchons à contrôler et mettre en évidence cet engagement envers les patients et le public que nous prenons soin.

Adopter ces idées ne suffit pas. Les activités d’autoréglementation doivent être transparentes et une solide boucle d’amélioration de la qualité doit être en place pour démontrer la responsabilité de l’industrie à l’égard de l’autoréglementation. L’autoréglementation ne peut réussir seule. Nous devons nous tourner vers nos partenaires dans la communauté médicale et dans la réglementation gouvernementale pour développer et favoriser une stratégie de réglementation publique / privée qui permet à la paramédecine de grandir en tant que profession et de s’améliorer en permanence pour être plus efficace, plus intelligente et ne jamais perdre de vue la protection du public. Beaucoup de paramédics qui veulent voir un degré plus élevé d’autorégulation croient que cela profitera à la profession, mais alors que c’est juste une poursuite, l’objectif ne peut pas être de simplement enrichir la paramédecine. L’objectif doit être de créer un schéma selon lequel toutes les décisions et toutes les activités au sein de l’industrie sont faites dans l’intérêt du public, de protéger le public contre les praticiens incompétents ou contraires à l’éthique et assurer la prestation efficace de la plus haute qualité de soins.

Les paramédics se livrent à des domaines de pratique spécialisés qui nécessitent des connaissances et une expérience additionnelles substantielles au-delà de celle d’un praticien débutant. L’évolution historique de la paramédecine a créé une situation où la pratique spécialisée n’est pas bien définie ou acceptée, mais est exigée. Les organismes de réglementation gouvernementaux ont été mis en place de façon à substituer le modèle d’autoréglementation professionnelle observé en médecine et dans de nombreuses autres professions de la santé en raison de divers facteurs historiques et politiques. Les médecins ont Hippocrate, les infirmières ont Florence Nightingale, mais les paramédics sont la seule profession médicale créée par un acte du gouvernement.

Une réglementation appropriée de la pratique spécialisée s’est développée au cours des deux derniers siècles, il n’est donc pas déraisonnable pour la profession relativement jeune de la paramédecine de ne pas avoir des processus de certification de spécialités bien définis. Il existe de nombreux modèles en médecine, en soins infirmiers et dans d’autres professions de la santé connexes pour une éducation spécialisée, un examen et une pratique efficaces, sécuritaires et normalisés. Le passage à l’autoréglementation peut être le meilleur modèle. L’International Board of Speciality Certification – IBSC (anciennement le Board for Critical Care Transport Paramedic Certification – BCCTPC), qui a été créé en 2000, est un exemple d’un conseil spécialisé organisé et fonctionnel qui pourrait étendre sa mission à toutes les spécialités paramédicales. La réussite du programme Certified Flight Paramedic (FP-C) a créé un moyen universellement reconnu pour les professionnels de la santé, les employeurs et le public de comprendre que les paramédics titulaires de cette certification spécialisée ont des connaissances supplémentaires dans le domaine de la paramédecine comparativement à un paramédic débutant. Le développement d’un organisme d’autoréglementation au sein de la paramédecine qui n’est pas définie par des frontières géopolitiques, chacun avec son propre plan unique et différent pour traiter la pratique dans les domaines spécialisés fragmenterait davantage la paramédecine, stagnerait l’avancement de la profession et perpétuerait les barrières juridictionnelles. Une approche privilégiée serait la création d’un seul conseil collaboratif, indépendant, basé sur la profession, des spécialités paramédicales pour administrer le processus de certification de ces spécialités dans les services paramédicaux à travers le monde. Une telle approche servirait à assurer la sécurité du public tout en faisant progresser le statut et l’appui des praticiens paramédicaux parmi leurs collègues en soins de la santé.

En résumé, l’autoréglementation est entreprise pour protéger le public en permettant à ceux qui comprennent le mieux la profession d’avoir le rôle principal dans la réglementation de la pratique de la profession. Les objectifs de l’autoréglementation des paramédics se retrouvent dans une combinaison de modèles existants avec des critères bien établis pour la certification et le permis d’exercice et de nouveaux domaines où l’administration et les orientations de la profession créent et imposent le code de déontologie, les règles de conduite professionnelle et les normes de pratique. Pour ce faire, un conseil professionnel doit tenir un registre public qui contient des renseignements sur les personnes inscrites à la profession, avoir un système ouvert et intègre pour enquêter sur les plaintes concernant les membres de la procession, puis sanctionner et discipliner les paramédics selon les besoins.

 

Par John R. Clark, JD, MBA, NRP, FP-C, CCP-C, CFC, CMTE
Traduction libre tirée de Canadian Paramedicine, sous autorisation.


MANITOBA: La professionnalisation des paramédics ferait économiser des fonds publics

Par Eric Glass

En novembre, le ministre de la Santé de l’Alberta, Kelvin Goertzen, a annoncé son intention d’engager les parties prenantes dans un processus de consultation afin de déterminer le meilleur chemin vers la mise en place de l’autorégulation des paramédics du Manitoba, comme recommandé en décembre 2014 en Conseil consultatif des professions de santé.

À la suite à cette annonce, un éditorial d’opinion paru dans le Winnipeg Free PressL’autorégulation n’est pas la réponse pour les services ambulanciers», 2 décembre) suggère que les problèmes dans la prestation des services médicaux d’urgence et les conditions de travail en milieu rural conduisaient l’appel à l’autorégulation paramédicale dans la province. Il allègue ensuite que l’autorégulation sera coûteuse, créera un niveau supplémentaire de bureaucratie et aura un impact négatif sur les services paramédicaux partout au Manitoba. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité.

Les paramédics sont l’un des rares fournisseurs de soins de santé au Manitoba qui ne sont pas actuellement inclus dans la Loi sur les professions réglementées de la santé, une loi qui assure l’ouverture, la transparence et la participation du public dans la réglementation des professions de la santé. Ce projet de loi met l’accent sur la sécurité du public et la responsabilisation. Il fournit des directives pour l’autorégulation des médecins, infirmières, sages-femmes, des inhalothérapeutes et 17 autres professions médicales.

Les Manitobains s’attendent à ce qu’un paramédic prenne soin d’eux ou de leurs proches aux mêmes standards que tous les autres professionnels de la santé. Garantir que l’intérêt du public est ce qui motive le besoin de changement et la décision récente du gouvernement d’aller de l’avant avec l’autorégulation pour les paramédics.

L’autorégulation des paramédics ne sera pas coûteuse pour les contribuables, en fait, elle va permettre d’économiser plus d’un demi-million de dollars en fonds public chaque année. Les paramédics du Manitoba sont actuellement réglementés par le ministère de la Santé, des Aînés et de la Vie active, et, en tant que tels, tous les coûts associés sont payés par le gouvernement provincial. Une transition de la réglementation gouvernementale à l’autorégulation déplacerait entièrement la responsabilité financière aux membres de la profession, faisant épargner le gouvernement provincial et les contribuables du Manitoba d’un montant considérable chaque année.

Le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba a décrit comme archaïque le modèle du gouvernement actuel pour la régulation des paramédics.

Encore plus important, le passage de la régulation gouvernementale à l’autorégulation des paramédics garantirait que la profession agirait dans l’intérêt fondamental de la population et serait en mesure de mieux répondre aux besoins des soins de santé publics. Malgré les meilleures intentions, en raison de sa nature, la régulation gouvernementale est souvent trop lente à réagir et à s’adapter au changement. Le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba a décrit comme archaïque le modèle du gouvernement actuel pour la régulation des paramédics.

L’autorégulation est basée sur le concept que les membres d’une profession, en fonction de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur jugement, sont les mieux adaptés pour surveiller leur profession dans l’intérêt du public. La transformation de la régulation gouvernementale à l’autorégulation est simplement ça : un changement de ce qui existe aujourd’hui à un modèle de gouvernance plus souple et axé sur le patient. Il n’est pas question de créer un second niveau ou une bureaucratie supplémentaire, comme cela a été suggéré par ceux qui craignent une structure d’autorégulation.

Le rôle du paramédic a considérablement changé au cours des deux dernières décennies et continue d’évoluer rapidement. Les exigences imposées aux services de santé, une population vieillissante, notre capacité à fournir des traitements plus durables à l’extérieur du milieu hospitalier et l’augmentation des attentes du public ont ancré fermement les paramédics dans le système de santé. L’accent mis sur l’augmentation de la formation des paramédics, des exigences et du champ de pratique a suivi la progression des autres professions de la santé telles que les soins infirmiers, les sages-femmes et les inhalothérapeutes. Avec une responsabilité accrue vient une exigence pour des mécanismes réglementaires solides et responsables fournis par l’autorégulation en vertu de la Loi sur les professions réglementées de la santé.

L’autorégulation permettra d’améliorer le niveau de professionnalisme et d’assurer la protection du public. Peu importe qu’un paramédic travaille dans une ambulance, un camion de pompiers, un hélicoptère ou un avion, il fournit des soins de santé. Une chose dont nous pouvons tous convenir : notre objectif est de fournir les meilleurs soins de santé possible aux citoyens du Manitoba. Ce n’est pas le bon moment pour véhiculer un message négatif sur le pouvoir et la domination syndicale. Au contraire, il est temps de mettre les normes de soins et de surveillance professionnelle au même niveau auquel nous nous attendons de tous les autres professionnels de la santé.

Le premier ministre Brian Pallister et son cabinet ont affirmé que les paramédics devraient être désignés comme professionnels de la santé par le biais de l’autorégulation, et que ce changement est nécessaire pour assurer les plus hauts standards de soins paramédicaux pour les patients. Je salue l’engagement du gouvernement à respecter leur promesse de faire ce changement dans l’intérêt de la sécurité et de protection pour tous les Manitobains.

Eric Glass est le directeur administratif de l’Association des paramédics du Manitoba

La poursuite de la reconnaissance en tant que profession – Les arguments pour la professionnalisation des paramédics

Le 15 septembre 2016, le Collège des Paramédics de l’Alberta a fait une transition de la Loi sur les disciplines de la santé provinciales vers la Loi sur les professions de la santé : un moment important. À l’heure actuelle, il y a trois provinces qui sont autorégulées pour les paramédics : l’Alberta, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick. Dans cet article, on explique la justification et les avantages de la professionnalisation. L’Association des paramédics du Canada s’engage à la professionnalisation de la profession dans toutes les provinces.


La poursuite d’un statut professionnel autorégulé est depuis longtemps un objectif pour divers groupes professionnels, y compris la profession de paramédics. Historiquement, les médecins et les infirmières ont ouvert la voie à d’autres professions dans le processus de création de niches pour eux-mêmes sous le couvert de la professionnalisation. La professionnalisation implique qu’un groupe possède les connaissances et l’expertise requises, ainsi que l’autorité ou le contrôle exclusif de ses tâches et les conditions dans lesquelles ses membres pratiquent. Afin d’assurer l’autonomie et le plein contrôle, la profession doit être considérée comme légitime par le public et le gouvernement, qui finalement confère le statut recherché.

Lorsqu’un groupe de prestataires de soins de santé devient autorégulé, le gouvernement leur délègue le pouvoir d’établir des normes de pratique et de formation en plus de discipliner leurs membres pour le respect de ces normes. Qu’ils soient régis par des règlements sur les professions du domaine de la santé ou des règlements d’ordre privés, l’accent d’une réglementation centrée sur la profession se tourne plutôt vers une réglementation centrée sur l’intérêt du public ainsi que la promotion d’une prestation de soins professionnels de qualité.

Le principal objectif de la professionnalisation est la protection du public contre tout préjudice. Ceci est mieux encadré lorsqu’il y a des règles de comportements et de compétence professionnels. Le rôle de l’organisme d’autorégulation (ordre professionnel) est de veiller à ce que toutes les personnes inscrites au registre sont qualifiées, compétentes, éthiquement professionnelles et que ce soit seulement ces personnes qui sont autorisées à pratiquer dans une catégorie professionnelle réglementée spécifique. J’ai vécue une situation personnelle où des praticiens qui avaient des problèmes de comportement éthique qui n’étaient pas et ne pouvaient être traitées par un système de réglementation gouvernemental parce qu’il n’existait aucun mécanisme pour traiter de cette question. Ce type de situation ne pourrait pas et n’existerait pas dans un cadre d’environnement autorégulé.

L’un des défis auxquels sont confrontés les régimes de réglementation en place dans les juridictions sans statut d’autorégulation est l’adhésion aux principes d’équité, de transparence, de responsabilité ainsi que la participation du public à établir une transparence, une confiance et veiller à ce que les tâches de la profession soient dans l’intérêt du public. La relation publique et une communication ouverte sont des mécanismes de responsabilisation publique. Encore, dans un organisme autorégulé, ces principes sont traditionnellement mis en place par voie législative ou réglementaire.

Le plaidoyer dans l’intérêt public est une responsabilité professionnelle fondamentale. Voilà le fondement de la réglementation fondée sur l’intérêt public. Souvent, j’entends des commentaires des opposants disant que les intérêts de la profession et de ses membres auront priorité le moment venu. Si des tensions surviennent entre le plaidoyer et l’accomplissement des exigences législatives, l’organisme d’autorégulation va toujours pencher vers ses exigences législatives.

Les organismes de réglementation professionnelle doivent exiger une protection en responsabilité, avec des limites de protection robustes pour leurs membres. Cela a un double objectif : s’assurer que les membres sont protégés et assurer que le public puisse obtenir réparation pour un préjudice. Il n’est pas acceptable que les membres d’une profession s’appuient sur des employeurs pour assurer cette protection. Les litiges devenant plus courants et avec l’énorme potentiel d’une divergence d’intérêt entre l’employeur et le membre de la profession, en s’appuyant sur cette couverture de l’employeur n’est pas seulement dans l’intérêt primordial du membre, il met le public plus à risque, exactement ce que la régulation est supposée éviter.

Les organismes d’autorégulation professionnels devraient travailler sur la planification des ressources humaines, les politiques et l’évaluation au niveau mondial, national, provincial et local. Dire que le système de réglementation existant dans notre pays exécute tout à fait ces tâches est bien loin de la vérité. La réalité est que certaines juridictions ne savent même tout simplement pas combien de personnes pratiquent activement la profession. Certains programmes de formation dans certaines juridictions dépassent les exigences des employeurs. La mobilité de la main-d’œuvre entre les différentes juridictions n’est pas maîtrisée.

Les principaux éléments de tout cadre réglementaire professionnel doivent comprendre :

  • La protection du titre
  • Le champ de pratique et les ententes de chevauchement
  • Un code d’éthique pour guider la profession
  • Les dirigeants de l’organisme de réglementation sont des membres actifs
  • Mise en place de normes pour l’éducation et la pratique professionnelles
  • Processus de règlement des plaintes
  • Exigences en matière de formation continue
  • Utilisation de données fondées sur la pratique pour innover continuellement en matière de meilleure pratique et politique réglementaire.

L’utilisation de l’une ou deux de ces composantes séparément de la liste complète ne constitue pas une régulation bonne et appropriée. Ce n’est que lorsque ces composantes sont en place, avec une gouvernance transparente, équitable, responsable et reposant sur les principes de la justice naturelle, qu’une profession peut vraiment espérer que le public aura confiance dans l’organisme de régulation.

Par Chris Hood, président de l’Association des Paramédics du Canada.
Traduction libre tirée de Canadian Paramedicine, sous autorisation.

Le Manitoba accordera l’auto-règlementation de ses paramédics

L’Association des Paramédics du Manitoba, chapeauté par l’Association des Paramédics du Canada, exige depuis un bon moment que le gouvernement du Manitoba auto-règlemente les paramédics de cette province. Après plusieurs représentations au parlement et auprès de différents députés provinciaux, la législature a finalement entériné un projet de loi qui permettra l’autonomie des paramédics.

Tout récemment, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a également entamé de telles procédures.

Avant ces annonces, 3 provinces étaient auto-règlementés: Alberta, Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick.

NDLR: Dans les provinces anglophones, le terme auto-règlementé représente l’équivalent d’un ordre professionnel au Québec. L’Alberta et la Saskatchewan sont toutes les deux représentés par un Collège des Paramédics. Pour ce qui est du Nouveau-Brunswick, c’est l’Association des Paramédics du Nouveau-Brunswick qui gère les licences de ses paramédics et toutes les fonctions qui découlent d’un ordre professionnel.

La protection du rôle des paramédics

Tout comme au Québec, le champs de pratique des paramédics n’est pas protéger. Les autorités de l’Australie travaillent sur un projet de loi en ce sens.

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