MANITOBA: La professionnalisation des paramédics ferait économiser des fonds publics

Par Eric Glass

En novembre, le ministre de la Santé de l’Alberta, Kelvin Goertzen, a annoncé son intention d’engager les parties prenantes dans un processus de consultation afin de déterminer le meilleur chemin vers la mise en place de l’autorégulation des paramédics du Manitoba, comme recommandé en décembre 2014 en Conseil consultatif des professions de santé.

À la suite à cette annonce, un éditorial d’opinion paru dans le Winnipeg Free PressL’autorégulation n’est pas la réponse pour les services ambulanciers», 2 décembre) suggère que les problèmes dans la prestation des services médicaux d’urgence et les conditions de travail en milieu rural conduisaient l’appel à l’autorégulation paramédicale dans la province. Il allègue ensuite que l’autorégulation sera coûteuse, créera un niveau supplémentaire de bureaucratie et aura un impact négatif sur les services paramédicaux partout au Manitoba. Rien ne pourrait être plus loin de la vérité.

Les paramédics sont l’un des rares fournisseurs de soins de santé au Manitoba qui ne sont pas actuellement inclus dans la Loi sur les professions réglementées de la santé, une loi qui assure l’ouverture, la transparence et la participation du public dans la réglementation des professions de la santé. Ce projet de loi met l’accent sur la sécurité du public et la responsabilisation. Il fournit des directives pour l’autorégulation des médecins, infirmières, sages-femmes, des inhalothérapeutes et 17 autres professions médicales.

Les Manitobains s’attendent à ce qu’un paramédic prenne soin d’eux ou de leurs proches aux mêmes standards que tous les autres professionnels de la santé. Garantir que l’intérêt du public est ce qui motive le besoin de changement et la décision récente du gouvernement d’aller de l’avant avec l’autorégulation pour les paramédics.

L’autorégulation des paramédics ne sera pas coûteuse pour les contribuables, en fait, elle va permettre d’économiser plus d’un demi-million de dollars en fonds public chaque année. Les paramédics du Manitoba sont actuellement réglementés par le ministère de la Santé, des Aînés et de la Vie active, et, en tant que tels, tous les coûts associés sont payés par le gouvernement provincial. Une transition de la réglementation gouvernementale à l’autorégulation déplacerait entièrement la responsabilité financière aux membres de la profession, faisant épargner le gouvernement provincial et les contribuables du Manitoba d’un montant considérable chaque année.

Le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba a décrit comme archaïque le modèle du gouvernement actuel pour la régulation des paramédics.

Encore plus important, le passage de la régulation gouvernementale à l’autorégulation des paramédics garantirait que la profession agirait dans l’intérêt fondamental de la population et serait en mesure de mieux répondre aux besoins des soins de santé publics. Malgré les meilleures intentions, en raison de sa nature, la régulation gouvernementale est souvent trop lente à réagir et à s’adapter au changement. Le Collège des médecins et chirurgiens du Manitoba a décrit comme archaïque le modèle du gouvernement actuel pour la régulation des paramédics.

L’autorégulation est basée sur le concept que les membres d’une profession, en fonction de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur jugement, sont les mieux adaptés pour surveiller leur profession dans l’intérêt du public. La transformation de la régulation gouvernementale à l’autorégulation est simplement ça : un changement de ce qui existe aujourd’hui à un modèle de gouvernance plus souple et axé sur le patient. Il n’est pas question de créer un second niveau ou une bureaucratie supplémentaire, comme cela a été suggéré par ceux qui craignent une structure d’autorégulation.

Le rôle du paramédic a considérablement changé au cours des deux dernières décennies et continue d’évoluer rapidement. Les exigences imposées aux services de santé, une population vieillissante, notre capacité à fournir des traitements plus durables à l’extérieur du milieu hospitalier et l’augmentation des attentes du public ont ancré fermement les paramédics dans le système de santé. L’accent mis sur l’augmentation de la formation des paramédics, des exigences et du champ de pratique a suivi la progression des autres professions de la santé telles que les soins infirmiers, les sages-femmes et les inhalothérapeutes. Avec une responsabilité accrue vient une exigence pour des mécanismes réglementaires solides et responsables fournis par l’autorégulation en vertu de la Loi sur les professions réglementées de la santé.

L’autorégulation permettra d’améliorer le niveau de professionnalisme et d’assurer la protection du public. Peu importe qu’un paramédic travaille dans une ambulance, un camion de pompiers, un hélicoptère ou un avion, il fournit des soins de santé. Une chose dont nous pouvons tous convenir : notre objectif est de fournir les meilleurs soins de santé possible aux citoyens du Manitoba. Ce n’est pas le bon moment pour véhiculer un message négatif sur le pouvoir et la domination syndicale. Au contraire, il est temps de mettre les normes de soins et de surveillance professionnelle au même niveau auquel nous nous attendons de tous les autres professionnels de la santé.

Le premier ministre Brian Pallister et son cabinet ont affirmé que les paramédics devraient être désignés comme professionnels de la santé par le biais de l’autorégulation, et que ce changement est nécessaire pour assurer les plus hauts standards de soins paramédicaux pour les patients. Je salue l’engagement du gouvernement à respecter leur promesse de faire ce changement dans l’intérêt de la sécurité et de protection pour tous les Manitobains.

Eric Glass est le directeur administratif de l’Association des paramédics du Manitoba



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