Nouveau programme de santé mentale pour les paramédics « attendu depuis longtemps »

Le gouvernement de l’Ontario a annoncé récemment qu’il investissait 199 970$ pour soutenir l’Association des paramédics du Canada dans le développement d’une nouvelle norme de santé mentale pour les paramédics.

L’investissement fait partie du 1,9 M$ investi par le biais du Programme de prévention et d’innovation pour la santé et la sécurité au travail, qui vise à soutenir des projets qui améliorent la santé en milieu de travail.

« Je suis excité au sujet du financement, parce que finalement ils seront capables, avec leurs partenaires collectifs, voir à établir des lignes directrices pour les services médicaux d’urgence à travers le pays, les services paramédicaux à travers le pays, pourraient effectivement le consulter et l’utiliser », dit Vince Savoia, un ancien paramédic ainsi que fondateur et directeur général du Tema Conter Memorial Trust, une organisation sans but lucratif qui fournit un soutien aux employés de la sécurité publique.

À LIRE: Partenariat entre l’Ontario et l’Association des paramédics du Canada pour améliorer la santé mentale

Ce programme est « attendu depuis longtemps », ajoute-t-il, et vient dans la foulée des signes inquiétants dans la communauté de la sécurité publique. Alors que le taux de suicide chez les hommes en moyenne au Canada est d’environ 17 pour 100 000 et le taux moyen des femmes est de 5,4 pour 100 000, le taux de suicide chez les paramédics en 2016 est déjà de 47,7 pour 100.000, selon les chiffres de Tema Conter Memorial Trust.

Bien que les ambulanciers aient déjà un soutien grâce à la prévention des crises, le soutien par les pairs, et les programmes d’aide aux employés et leurs familles, le système est « fragmenté », dit Savoia, « et beaucoup d’employeurs ne comprennent pas vraiment comment mettre tous les morceaux ensemble. »

Et pour corser le tout, il y a encore une très forte stigmatisation au sein de la communauté des premiers intervenants en avant-plan et demander de l’aide est encore une faiblesse.

Frances Tuer, une chargée de cours en comportement organisationnel et gestion des ressources humaines à l’Université McMaster, est d’accord, il y a souvent une stigmatisation associée à recevoir un traitement. « Il est inutile d’avoir des programmes de santé et de bien-être si les gens ne vont pas aller de l’avant, » dit-elle. « Le plus important est de briser les barrières qui empêchent la prise de conscience, afin de réduire la stigmatisation de la santé mentale. »

Barbara Green, avocate au cabinet Robins Appleby LLP basé à Toronto, dit que les employeurs sont légalement tenus de fournir un soutien en santé mentale en milieu de travail, mais les systèmes en place sont largement réactifs et dépendent de la divulgation de l’employé.

« La personne affectée doit adopter un rôle proactif dans la recherche et l’obtention de ses propres ressources en milieu de travail », dit Green.

Outre les préjugées qui affectent d’autres industries, les paramédics sont soumis à des événements traumatiques fréquents, qui peuvent avoir un effet cumulatif émotionnellement et entraîner des troubles de stress post-traumatique ou d’autres problèmes psychologiques, dit Tuer.

Pour faire face à ces enjeux, Savoia aimerait voir les normes établies autour de la formation préventive et de l’enseignement pour le personnel de première ligne et leurs familles, ainsi que de mettre l’accent sur les services de soutien psychologique disponibles, la prévention et la résilience, au lieu du modèle réactif actuel.

Le nouveau programme semble destiné à aborder certaines des préoccupations de Savoia, par son caractère axé sur la prévention et l’augmentation de la capacité des employeurs à réunir les ressources discordantes disponibles en santé mentale pour leur personnel.

« [Le programme] est une étape qui est attendue depuis longtemps et je suis tellement reconnaissante que ça arrive enfin », dit Savoia. « Nous avons un problème au sein de la communauté paramédicale qui doit être pris en compte. »

Le Ottawa Citizen rapporte que dans l’élaboration de la norme, l’association des paramédics va travailler avec d’autres groupes, dont l’Association canadienne de normalisation et de la Commission de la santé mentale du Canada.

Le projet vise à développer et distribuer des ressources qui seront utilisées pour identifier et contrôler les risques psychologiques, augmenter la capacité de l’employeur pour promouvoir la santé psychologique et le bien-être chez les ambulanciers, réduire la stigmatisation et le harcèlement et de prévenir les dommages psychologiques.

À LIRE: Plan stratégique quinquennal de la Commission de la santé mentale du Canada

Suicides signalés de la sécurité publique par 100 000 habitants

 

Taux de suicide 2016

Taux de suicide 2016

Taux de suicide 2015

Taux de suicide 2015

Taux de suicide 2014

Taux de suicide 2014


* Les statistiques de 2014 représentent les suicides entre le 29 avril et le 31 décembre.

** Les suicides déclarés représentent le nombre de suicides déclarés et confirmés par Tema Conter Memorial Trust (2014 – 2015). Le taux de suicide pourrait être plus élevé dû au manque de standardisation des déclarations.

Populations
Paramédics: 33 500 (Chefs Paramédics du Canada, 2015)
Pompiers: 110 000 (Association internationale des pompiers, 2015)
Policiers: 68 693 (Statistique Canada, 2014)
Militaires: 95 000 (Département de la défense nationale, 2015)
Mâles canadiens (tous les âges): 16 917 300 (Statistique Canada, 2012)
Femmes canadiennes (tous les âges): 17 191 500 (Statistique Canada, 2012)
Statistiques sur les suicides reliés au genre (Statistique Canada, 2012)


Traduit de: New mental-health program for paramedics ‘long overdue’



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