C’est quoi, un paramédic?

Paramédic, un mot très peu connu encore par la population. Pourtant, vous les croisez probablement chaque jour dans leur gros camion jaune à essayer de se faufiler entre les voitures dans le trafic avec les sirènes et gyrophares en fonction ou encore en attente d’un appel à une intersection stratégique.

Paramédic? Ambulancier?

Paramédic, c’est le nouveau mot pour « ambulancier » tel qu’« infirmière » l’est pour « garde malade » ou « adjointe administrative » l’est pour « secrétaire ». Nous sommes des intervenants de la santé ayant des connaissances dans de différents domaines : pharmacologie, traumatologie, psychologie, sociologie, physiologie, pathologie, cardiologie, pneumologie, immunologie, neurologie, biologie et bien plus! Les nouveaux paramédics ont maintenant une formation au CÉGEP de 2745 heures. C’est sans compter d’autres formations que plusieurs vont suivre pour améliorer leurs compétences. Depuis plusieurs mois, il existe une formation universitaire à Montréal pour devenir paramédic de soins avancés. Malheureusement, c’est seulement dans la métropole que cette catégorie de paramédic peut exercer leur champ de pratique au combien nécessaire pour la population.

Professionnalisation

Les paramédics ne sont pas théoriquement des professionnels de la santé. Effectivement, n’ayant encore aucun ordre professionnel, les relations interprofessionnelles ne sont qu’officieuses ainsi que la reconnaissance de notre profession. Le Collège des médecins a un grand droit de regard sur nos actes médicaux. Heureusement, plusieurs personnes travaillent fort à l’évolution de notre métier et défendent les intérêts du système préhospitalier dans le grand système de la santé québécois. Les paramédics relèvent seulement du Ministère de la Santé et des services sociaux. La population croit à tort que nous faisons également partie du Ministère de la Sécurité publique comme nos confrères policiers ou pompiers. Or, nous ne sommes aucunement un service municipal. C’est pour cette raison que nos compétences ont très peu été exploité lors des dernières inondations à travers le Québec quoique je crois que nous aurions eu un rôle important à jouer au niveau de la santé publique.

Compétences

Si nous comparons les paramédics du Québec aux autres provinces canadiennes, il existe quand même un très grand écart. Ailleurs, il existe trois niveaux de soins : primaires, avancés et critiques. De plus, il existe plusieurs équipes spécialisées de paramédics : tactique, nautique, CBRNE, à réponse rapide, recherche et sauvetage, bariatrique, de transfert, héliporté, etc. Très peu d’entreprises québécoises ont ces équipes pour venir en aide à la population en raison du manque de budget. Certains paramédics canadiens sont même au triage des centres hospitaliers pour accélérer la prise en charge des patients. C’est dommage de ne pas pouvoir compter sur ces autres disciplines qui permettraient aux plus anciens paramédics de terminer sur une bonne note leur carrière et aussi permettre aux plus jeunes d’avoir des quarts de travail. Il existe très peu d’avancement au Québec ou de débouché pour nos paramédics qui se blessent également. Une réorientation de carrière s’impose la plupart du temps lorsqu’il n’est plus possible de continuer ce métier.

Horaires de travail

Les paramédics peuvent travailler sur des quarts de 8h, 10h, 12h et même 24h. En fait, c’est même 168h. Dans plusieurs municipalités québécoises, les paramédics doivent travailler 7 jours complets et ce 24h/24h de garde. Un type d’horaire d’abord instauré temporairement dans les années 80, mais qui s’est finalement poursuivi. Inutile de vous dire que la conciliation travail-famille est très difficile.

Situation actuelle

Nous sommes environ 5000 à pratiquer ce merveilleux métier. 5000 passionnés et dévoués pour la population qui tentent de faire du mieux qu’ils peuvent selon les limites qu’on leur impose. Nous sommes surexposés à des cas difficiles et pourtant il est encore compliqué en 2017 de reconnaître le stress post-traumatique chez les intervenants d’urgence au niveau des programmes de santé et sécurité gouvernementaux. Encore aujourd’hui, les paramédics sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail, mais surtout soulever des questionnements quant au système préhospitalier québécois. Plusieurs syndicats se mobilisent pour dénoncer le manque de ressource ambulancière à travers la province. Même des employeurs soulèvent leurs inquiétudes quant à l’avenir du préhospitalier. Des compressions budgétaires importantes, des négociations qui ne voient pas le bout du tunnel… Bref, beaucoup sont inquiets! Les problématiques du préhospitalier passent très peu aux médias et sont souvent ensevelies par d’autres conflits ministériels dans d’autres secteurs dont celle d’actualité en ce moment dans le domaine de la construction. Bien souvent lorsqu’on parle des services préhospitaliers, nous entendons des critiques sur les délais de réponse des ambulances sans pousser la réflexion plus loin. C’est souvent les paramédics qui sont blâmés d’avoir pris leur temps… Malgré des heures supplémentaires à répétition, des périodes de pause repas presque jamais à l’heure, une vie sociale mise de côté et une conciliation de travail-famille très complexe, nous savons que nous faisons le plus beau métier du monde et avec passion.

Valorisation

Cette semaine, c’est la semaine des paramédics. C’est le moment de souligner le travail acharné de ces gens. Même s’ils auront côtoyé la mort le matin, ils vont vous sourire l’après-midi quand vous les appellerez, car vous en aurez besoin et que vous êtes leur priorité.

Bonne semaine des services préhospitaliers d’urgence à tous les paramédics!

 

Francis Brisebois

Paramédic et Chargé des communications à la CPO

Administrateur CPQ



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